Archive for janvier 2010

Touche pas à mon béret ! ! !

janvier 21, 2010

Couvre-chef à la fois typique et parodique fait de feutre et d’une couronne de cuir illustre le français moyen vu par les touristes de base… Complémentaire en effet de la baguette, dont j’ai déjà fait référence dans un précédent billet, et de la bouteille de vin dans la 2CV, le béret  est l’apanage des grands de ce monde (ndlr : les français) tout comme l’illustre SuperDupont le fameux héros gotlibien.

Aux origines étaient les bergers béarnais (et non pas basques comme il est souvent prétendu, quoiqu’au final cela reste très franchouillard et aujourd’hui très lié au sud-ouest) qui pour se couvrir du froid et de la pluie utilisaient le béret à l’instar de leurs moutons portent la laine. Aujourd’hui seul le béret noir est considéré comme le béret français mais la couleur importe en réalité peu. Elle est surtout le symbole de groupements sociaux et un moyen de reconnaissance qui allié à la taille donne une multitude de genres. Du grand blanc appelé la tarte, béret des chasseurs-alpins dans lequel on prétend que la nuit il réchauffe leurs pieds transis. Au noir difforme, alias la faluche, des étudiants qui se retrouve vite recouvert de nombreux insignes que les initiés seuls comprennent. Rouge pour les férias. Amarante pour les parachutistes. Vert pour les commandos de marine (héritage anglais du groupe Kieffer qui débarqua en 1944 pour prendre Ouistreham). Il fut également un accessoire de mode dans les années 1930, la très jolie Michel Morgan le porte aussi bien que ses yeux, et semblerait revenir ponctuellement depuis quelques années. Les bérets sont tous unique. La masse qu’il forme dépend de l’histoire de son propriétaire. Portés haut sur le front droit pour les militaires, ou avachis en longue visières pour les berges et même vissés comme un bonnet pour les benêts.

Quand à ceux qui oseraient ridiculiser notre fameux couvre-chef de par sa tenue, je répondrai que contrairement à la casquette de baseball qu’ils portent fièrement et qui est fort à la mode, le béret – lui – bien porté peut être élégant et raffiné…

Benjamin GUYOT

« Nous donnons une touche française dans notre musique house… »

janvier 14, 2010

Depuis près de 15 ans, un terme à la fois « d’jeuns » et professionnel fait référence dans le monde musical actuel. Il résonne dans nos oreilles au rythme des infrabasses. Symbole de l’élégance française aux platines. Fluidité générale du mix electro à la rythmique house sur des samples des années 70 et 80. La French Touch.

Apparu pour la première fois sur l’inscription d’un blouson « We Give A French Touch To Our House Music » elle est popularisée par le magazine musical anglais spécialisé Muzik. Il désigne alors la tendance développée par le groupe phare de cette mouvance : les DaftPunk. Pourquoi French ? Parce que les artistes qui créent et représentatifs de ce mouvement sont français ! Laurent Garnier, Air, Phoenix, ou Étienne de Crécy sont autant de références dans ce monde notamment par leur talent et leur expérience  (la plupart de ceux-ci mixent depuis près de 20 ans).

Ils marchent beaucoup en duo permanents ou pour les solitaires font un bon nombre d’interprétation avec des musiciens (saxophonistes, violonistes, …) pour la production de certains morceaux. Ils donnent une image jeune et festive de la France même si finalement leur renommée se retrouve plus grande à l’étranger, comme au Japon ou aux États-Unis qui sont très friands du statut VIP français, que sur les dancefloor de l’hexagone. Bien loin de la techno commerciale ou de la makina faite à la presse hydraulique, elle se retrouve tout de même dans le grand monde de la musique électronique. Elle ressort notamment par le fait que ses auteurs sont des artistes ayants un réel talent musical et qui travaillent énormément à l’instar des compositeurs pour orchestre symphonique. Elle vient des passionnés de disco du jazz et du funk qui remettent au goût du jour et adaptent les samples sur des rythmiques plus modernes dites répétitives. Nous pouvons remercier Margaret Thatcher qui à la du Summer of Love de 1988 causa l’exportation en France des raves qui grâce à la politique Lang du tout est culture trouve son expansion.

Ce mouvement semble sortir du plus profond de l’âme et entrainer tout le corps dans un autre monde. Crispy Bacon de Laurent Garnier est un exemple type de ces morceaux. Il peut mettre plusieurs minutes pour s’installer : les membres fourmillent, les yeux se ferment, la tête dodeline frénétiquement, les  pulsations cardiaques tournent au ralenti et là ! ! ! le départ en puissance qui agit tel un défibrillateur et nous relance dans cet univers à la fois psychédélique ou il ne manquerait plus qu’un milk+velocent.

Aujourd’hui les artistes s’enchainent mais ne délogent pas les pères. Un peu plus commerciaux pour certains comme David Guetta (le plus people des DJ’s français) ou Justice et d’autres plus originels comme le tout récent Data. La French Touch c’est l’apport du mouvement corporel humain dans la mécanique de la musique électronique. La French Touch, c’est le lieu où se mélangent les robots, les humanoïdes et les marionnettes qui fument des saucisses.

Benjamin GUYOT