Archive for juin 2010

Orléans – Jeanne d’arc, une histoire d’amour…

juin 30, 2010

Située dans le Loiret dont elle est la Préfecture et capitale de la région Centre, Orléans est appelée la Cité Johannique. Pourquoi une telle périphrase pour désigner une ville ligérienne ? Gilles LUNEAU, journaliste pour GEO dit en février 2010 dans une interview sur FranceInfo : « En trente ans, Orléans a gagné sept mille habitants et la ville en compte aujourd’hui cent treize mille ; mais elle s’est transformée tout en préservant son côté provincial. Forcément en trente ans, on change… la capitale de la région Centre ne fait pas exception à la règle ! Comme beaucoup d’autres villes, le centre historique a été rénové, le tramway, inauguré en 2000, sert de trait d’union, traversant les quartiers, du nord au sud. Les bords de Loire ont été rendus aux piétons, des bâtiments modernes ont surgi- comme la médiathèque- et dès les années soixante, une cité style campus universitaire, a poussé à douze kilomètres de là, dans le but d’attirer les jeunes et ensuite les scientifiques et laboratoires de recherche. Et s’il est une tradition indéboulonnable à Orléans, c’est la célébration des Fêtes de Jeanne d’Arc, ces fêtes dites johanniques qui ont lieu chaque année, depuis 1429, date de la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc. » Orléans possède une Histoire riche, le fait le plus marquant étant la libération de sa cité le 8 mai 1429 par Jeanne d’Arc. Pour rappel, voici quelques lignes sur les neuf jours que Jeanne d’Arc passa à Orléans, son contexte d’arrivée et ses raisons de départ dont les citations sont issues « J’ai nom Jeanne la Pucelle » aux éditions Gallimard et écrit par feu la Directrice du Centre Jeanne d’Arc d’Orléans Régine PERNOUD. Orléans dès 1428, en pleine guerre de cent ans, est bloquée par les anglais, d’abord sur sa rive gauche – Orléans bordant la Loire –  puis au Nord et à l’Ouest : « Seule demeurait libre, à l’Est-ce que l’on nomme la Porte Bourgogne ». Ce siège anglais tiens la ville royale d’Orléans. C’est donc plus que de simples citoyens qui ont été ici libéré, c’est un symbole du retour du Roy de France en puissance dans son royaume. Elle entre alors par la Porte Bourgogne dans la nuit du 29 avril 1429 acclamée par une foule en liesse et dort à l’Hôtel de Jacques BOUCHER. Cet hôtel est aujourd’hui le Musée Jeanne d’Arc. Nous sommes un vendredi. Cette entrée est toujours commémorée durant les Fêtes de Jeanne d’Arc et en est même le symbole du lancement des festivités. Le dimanche, le Bâtard d’Orléans – futur Comte de Dunois – va chercher à Blois des renforts puisque Jeanne est impatiente de lever le siège de la cité. Le mercredi 4 mai, c’est la bataille au Port de Saint-Loup. Jeanne découvre alors dit-on l’horreur de la guerre. Le 6 mai, c’est la bataille du Fort des Augustins. Bataille également gagnée, mais Orléans n’est toujours pas délivrée. Le 7 mai, après plusieurs assauts, le Fort des Tourelles revient enfin aux mains des français. C’est l’entrée normale et stratégique d’Orléans. Le 8 mai au matin, les dernières forces regroupées dans les bastides anglaises se mettent en ordre de batailles face aux troupes françaises. Jeanne refuse en l’honneur du Saint-Dimanche de lancer l’attaque. « Une heure suspens, après quoi un ordre circule dans les rangs anglais qui se mirent en chemin et s’en allèrent bien rangés et ordonnés vers Meung-sur-Loire, et levèrent totalement le siège qu’ils avaient tenu devant Orléans depuis le douzième jour d’Octobre 1428 jusqu’à ce jour. » Jeanne s’en vint après quelques jours de repos et soins pour une blessure par flèche. On connaît la suite : sacre du roi Charles VII à Reims, extension du domaine royal, procès et exécution à Rouen, béatification et canonisation. La cité, appelée donc depuis « johannique », commémore fidèlement chaque année sa libération et ce sans presque aucune interruption (Révolution Française et les guerres) !!! Elle a en 2009 fêté également « une double date » puisqu’est fêté également le centenaire de la béatification de Jeanne d’Arc (par le Pape Pie X le 30 mai 1909) et attend 2012 avec impatience pour fêter le 600ème anniversaire de sa naissance le jour de l’épiphanie (6 janvier) 1412. Les Fêtes de Jeanne d’Arc organisées dans ce cadre s’articulent autour de plusieurs manifestations traditionnelles :
•    la Remise de l’Epée entre les deux filles figurant annuellement l’héroïne, et la Commémoration de l’Entrée de Jeanne d’Arc par la Porte Bourgogne, le 29 avril
•    la Chevauchée de Jeanne d’Arc, le 1er mai,
•    le Recueillement en l’église ND des Miracles, le 2 mai,
•    la Remise de l’Etendard, le 7 mai au soir,
•    l’Office Religieux Solennel en la Cathédrale, le 8 mai,
•    le Cortège des Provinces Françaises le 8 mai matin,
•    le Défilé Militaire le 8 mai après-midi (2ème de France),
•    le Cortège Commémoratif du 8 mai après-midi,
•    la Restitution de l’Étendard de Jeanne d’Arc le 8 mai en fin d’après-midi.
Pour répondre aux objectifs de M. le Maire, ces cérémonies traditionnelles ont été enrichies au fil du temps par de nouveaux événements festifs comme :
•    la Fête Médiévale sur l’Ile Charlemagne, le 1er mai,
•    le Marché Médiéval, au Campo Santo, durant 2 à 4 jours,
•    les Ripailles Médiévales,
•    une Soirée Electro de grande envergure à destination des jeunes.
S’ajoutent à cela, des conférences, des expositions thématiques, des visites, des concerts et toutes sortes d’animations qui donnent à la ville une petite idée de la liesse que Jeanne d’Arc engendra lors de sa présence dans la cité. Il vous suffirait d’écouter la « cantate à l’étendard », hymne orléanais, pour comprendre …

Benjamin GUYOT

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Francigenum Opus

juin 30, 2010

Selon moi et sans chauvinisme aucun (pour une fois) ou presque, cet art est le plus beau et le plus resplendissant. Bien que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, quoi que cela peut amener à des soirées débats passionnantes, cet élévation et cette conception mobilière et immobilière n’a de cesse d’obtenir la bouche admirative et les yeux émerveillés des badauds découvrant le patrimoine comme si chaque était leur première. Il faut dire qu’on ne s’en lasse pas… Des Hôtels de Ville au Cathédrales, des vitraux aux ostensoirs celui que l’on appelle initialement le « francigenum opus » (ndlr : comprendre œuvre francilienne, de par son berceau d’origine, une sorte de Grand Paris allant de la Picardie au Val de Loire et de la Normandie à la Champagne), puis « gothique » cet art nous offre : dentelles de pierres et de métaux, couleurs de pierres et de vitraux
Art développé à la suite du roman durant la seconde moitié des dix siècle de l’âge sombre (ou moyen-âge), c’est un livre de vie, un manuel de catéchisme, un almanach … une Bible de pierre ! Il se caractérise par l’ouverture de ses murs et l’affinement de ses structures, l’élévation de ses tours et la précision de ses éléments décoratifs. Par anachronisme on pourrait citer cette devise du gothique : « citius, altius, fortius ». Arcs en croisées d’ogives, vitraux lumineux, fines colonnes, pinacles, arcs-boutants épurés, rosace, … autant d’élément qui font de cet art évolutif le symbole de la grandeur française des temps médiévaux et qui prouve les progrès techniques et physiques de l’architecture de l’époque. Ce n’est pas tant une rupture qu’une évolution logique des contreforts et des effets arrondis de l‘art roman.
D’abord :
– « primitif » au XIIème siècle, avec l’exemple classique de la Cathédrale Saint-Etienne de Sens et son alternance de piliers forts et fins.
– « classique » fin XIIème et début XIIIème les fameuses cathédrales d’Amiens de Bourges, de Chartres et de Reims, où s’opèrent les premières ouvertures vers la luminosité et la couleur.
– « rayonnant » jusqu’à la première moitié du XIVème siècle, comme Notre-Dame de Paris et les piliers ronds, les premières rosaces…
– « flamboyant » au XVème et XVIème siècle et sa surcharge de dentelles et de détails dont l’exemple le plus connu est la Sainte-Chapelle de Paris.
– « néogothique », qui réapparait au XIXème siècle notamment aux USA mais aussi sur des édifices français gothiques d’origine mais détruits puis reconstruits en dehors de la période susnommée comme la Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans.
A cela s’ajoutent certaines spécificités provinciales comme le gothique angevin pour la Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, le gothique normand pou la Cathédrale de Coutances ou encore le gothique anglais comme l’abbaye de Westminster. On le retrouve également en inspiration en Alemagne avec Cologne ou en Espagne plus récemment avec Gaudi… COPIEURS ! ! ! 😉

Benjamin GUYOT

Organisés et malgré tout français

juin 29, 2010

C’est sûrement la seule entité connue et organisée en France. Symétrisation des éléments. Correction de la profondeur. Taille militaire. Harmonisation des espaces. Ils font la notoriété de la France depuis le XVIIème siècle. Les jardins à la française.

S’opposant à la fois à la nature par orgueil, et aux Anglais par principe, ces œuvres paysagères font la réputation de l’environnement des monuments dont la renommée n’est plus à faire. Chantilly, Versailles, Saint-Cloud… chaque château possède le sien. Parfois en regard avec le parc anglais souvent séparés l’un de l’autre par un cours d’eau, sorte de ligne médiane d’un terrain de rugby ou la calebasse aurait la forme d’un château toujours plus gros. Typique de ce style, les allées d’arbres, les formes géométriques, les perspectives trompeuses, les cascade et espaliers, la mise en abîme… formant des salles , des théâtres de verdure ou des coins reclus pour amoureux transits. Ils offrent un dégradé depuis le monument jusqu’aux terres forestières où au fur et à mesure la nature reprend ses droits. Pour parfaire à cette harmonie verte les jeux (ou jets) d’eau se mêlent régulièrement aux points stratégiques des jardins. C’est un travail d’architecte de la nature et d’hydraulicien, dont le remarquable LeNôtre est le plus bel exemple et qui, bien que plus ancien, contraste largement avec  le travail de peintre du paysage des parcs anglais.

Benjamin GUYOT

Des FFL au Ministère

juin 29, 2010

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège». Ces mots clamés d’une voie emprise d’émotion sont bien connus des Français qui sont passés par les bancs du lycée. Ils sont l’œuvre d’un résistant et passionné d’art, d’un gaulliste convaincu et amoureux des femmes, mais surtout en ce jubilé : du fondateur du Ministère des Affaires Culturelles qui après plus de cent années de tentatives, et presque tout autant de dénomination, est enfin fonctionnel. André MALRAUX.

Il est presque étonnant que depuis tout ce temps j’ai réussi à parler de culture et de France sans écrire un billet sur lui. Il faut dire que je ne souhaitai pas le bâcler, ma place au Panthéon pourrait en sévèrement touchée… Résistant de la première heure ou sur le tard ? On ne sait pas trop. Quoiqu’il en soit son combat fût fort et ses relations le placèrent dès la sortie de la guerre au Ministère de l’Information. Il finira par créer le Ministère, sous le gouvernement de son ami Charles de Gaulle, chargé des affaires culturelles. Homme de contact, certains le diront manipulateur, il écrit et voyage beaucoup, multipliant ses rencontres et ses expériences. Ses discours restent célèbres et sa verve n’a pas d’égal. Il demeure à jamais au Panthéon près de ceux dont il s’est souvent inspiré et de ceux qu’il a accueilli pour la France. Des Lumières au symbole de la résistance, un humaniste … un compagnon !!

Benjamin GUYOT

Mer bleue, cheveux blancs, bonnet rouge …

juin 28, 2010

« Mon but n’est pas d’enseigner, je ne suis ni un scientifique ni un professeur. Je suis un découvreur, mon but est d’émerveiller. On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l’on aime ». Il aurait 100 ans aujourd’hui et ni les océans ni les hommes ne l’ont oublié. Jacques-Yves COUSTEAU, l’homme au bonnet rouge, qui occupa de sa caméra les bancs de poissons et ceux de l’Académie Française de sa plume, a marqué le XXème siècle par plusieurs vagues. Officier formé à l’école Navale de Brest il fait ses preuves dans le renseignement puis dans la recherche sous-marine. Il est également l’inventeur du scaphandre autonome moderne et révolutionne ainsi la plongée. Mais nous le connaissons plus aujourd’hui pour son travail d’océanographe et de cinéaste, puisqu’il fût le Commandant mythique de la Calypso qui nous émerveilla les dimanches après-midi. C’est un hommage ici que je souhaite lui rendre. Remercier l’inventeur qui développa le scaphandre autonome et rendit à l’Homme sa liberté « d’aquaphile ». Remercier le scientifique qui donna un sens certain à la gestion du domaine maritime. Remercier l’homme qui offrit au grand public une vision du grand monde sous-marin. Il contribua c’est certain à la grandeur culturel de la France, ce pays qui dans le monde a un accès à tous les océans et en métropole sur trois mers de plus.

Benjamin GUYOT