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On vous em….e ? Oui. Mais c’est notre droit !

mars 8, 2010

Dès son arrivée à l’aéroport, la gare et par la suite dans les transports en commun et dans la rue, l’étranger (prenons notamment le cliché du japonais qui visite notre pays à travers le prisme de sa caméra évitant ainsi de voir la véritable beauté qui l’entoure) est tout de suite frappé. Non pas par la police comme le raconte Coluche dans ses blagues, mais par un droit que les français ont tendance à croire comme étant un devoir tellement ça en devient une habitude. La grève, ce droit de mettre un pays sans dessus dessous en dehors de la révolution nationale.

La Chanson du Dimanche qui comme à chaque semaine écrit une chanson sur un événement marquant de la semaine passée a profité en 2007 d’une recrudescence des grèves françaises pour écrire ces paroles humoristiques, parodiques et sarcastiques : « J’arrive à Paris à l’aéroport, Je prends le train, c’est pas possible. J’arrive à Paris à l’aéroport Je prends le bus, c’est pas possible. Tout le monde me dit aujourd’hui c’est la grève, C’est quoi la grève ? Petit cheminot où es-tu ? Petit cheminot que fais-tu ? Petit cheminot pense à moi ! Besoin de toi […] J’arrive à Paris place de l’Opéra, Je veux le taxi, c’est pas possible J’arrive à Paris place de l’Opéra, Je veux le vélib, c’est pas possible Tout le monde me dit aujourd’hui c’est la grève, Encore la grève ? […] Je vais à la Poste, pas possible, Je veux carte postale, pas possible, Je veux l’infirmière, pas possible, Je veux professeur, pas possible, Je veux fonctionnaire, pas possible, Je veux camionneur, pas possible, Je veux rugbyman, pas possible, Je veux une pute, ça c’est possible. Tout le monde a la grève sauf les putes ». En effet, il suffit de peu pour mettre le capharnaüm en France. Les professeurs font grèvent, et ce sont des milliers d’élèves et étudiants qui ne profitent pas de l’éducation pendant des jours voire des mois comme l’an dernier avec les facultés de sciences (notons tout de même à leur avantage que ces années là les diplômes sont « donnés »). Les éboueurs réussissent à bloquer une ville plusieurs jours et l’Homme étant ce qu’il est l’empilement des déchets se fait dans la rue et celle-ci devient vite invivable. La palme d’or revient régulièrement (environ une fois par mois selon les villes) aux organismes de transports qui non seulement ne se contentent plus d’être régulièrement en retard sur leurs horaires, mais bloquent littéralement le pays (et l’économie) par leur non service qui entraîne retards, embouteillages, accidents et crises de nerfs… Prenez la ligne 13, le RER A ou B régulièrement et vous comprendrez vite fait comment remplir l’équivalent de 4 rames en une seule. Les 15 clowns qui sortent d’une même voiture n’ont rien inventé disons-le. Rien d’étonnant à ce que les institutions lâchent le morceau régulièrement.

Fort heureusement, un service minimum est demandé et notamment dans les milieux d’urgences : sapeurs-pompiers, hôpitaux… Il serait en effet malvenu de s’entendre dire en appel au 18 (notez bien ce numéro il est vraiment utile) : « Ah non désolé Mademoiselle, je sais que votre appartement brûle, que vous êtes en babysitting au 5ème étage et que toutes issues vous sont coupées, mais le service de la grande échelle refuse de sortir, rappelez demain… CLIC ». Ou pire : « Aujourd’hui mardi 19 décembre, le centre antipoison est en grève… Tûûûûûûûûûûûûût ». Mais pour ceux dont le « tintintinlintin, suite à un mouvement de grève, le train TER n°8926 en provenance de les-Aubrays-Orléans et à destination de Paris-Austerlitz partira avec un retard prévu de 2h30 » occasionne un frémissement jouissif de bonheur (il doit bien avoir quelqu’un qui aime), ne vous inquiétez pas, ce n’est pas prêt de s’arrêter…

Benjamin GUYOT