Posts Tagged ‘rayonnement culturel de la France’

Orléans – Jeanne d’arc, une histoire d’amour…

juin 30, 2010

Située dans le Loiret dont elle est la Préfecture et capitale de la région Centre, Orléans est appelée la Cité Johannique. Pourquoi une telle périphrase pour désigner une ville ligérienne ? Gilles LUNEAU, journaliste pour GEO dit en février 2010 dans une interview sur FranceInfo : « En trente ans, Orléans a gagné sept mille habitants et la ville en compte aujourd’hui cent treize mille ; mais elle s’est transformée tout en préservant son côté provincial. Forcément en trente ans, on change… la capitale de la région Centre ne fait pas exception à la règle ! Comme beaucoup d’autres villes, le centre historique a été rénové, le tramway, inauguré en 2000, sert de trait d’union, traversant les quartiers, du nord au sud. Les bords de Loire ont été rendus aux piétons, des bâtiments modernes ont surgi- comme la médiathèque- et dès les années soixante, une cité style campus universitaire, a poussé à douze kilomètres de là, dans le but d’attirer les jeunes et ensuite les scientifiques et laboratoires de recherche. Et s’il est une tradition indéboulonnable à Orléans, c’est la célébration des Fêtes de Jeanne d’Arc, ces fêtes dites johanniques qui ont lieu chaque année, depuis 1429, date de la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc. » Orléans possède une Histoire riche, le fait le plus marquant étant la libération de sa cité le 8 mai 1429 par Jeanne d’Arc. Pour rappel, voici quelques lignes sur les neuf jours que Jeanne d’Arc passa à Orléans, son contexte d’arrivée et ses raisons de départ dont les citations sont issues « J’ai nom Jeanne la Pucelle » aux éditions Gallimard et écrit par feu la Directrice du Centre Jeanne d’Arc d’Orléans Régine PERNOUD. Orléans dès 1428, en pleine guerre de cent ans, est bloquée par les anglais, d’abord sur sa rive gauche – Orléans bordant la Loire –  puis au Nord et à l’Ouest : « Seule demeurait libre, à l’Est-ce que l’on nomme la Porte Bourgogne ». Ce siège anglais tiens la ville royale d’Orléans. C’est donc plus que de simples citoyens qui ont été ici libéré, c’est un symbole du retour du Roy de France en puissance dans son royaume. Elle entre alors par la Porte Bourgogne dans la nuit du 29 avril 1429 acclamée par une foule en liesse et dort à l’Hôtel de Jacques BOUCHER. Cet hôtel est aujourd’hui le Musée Jeanne d’Arc. Nous sommes un vendredi. Cette entrée est toujours commémorée durant les Fêtes de Jeanne d’Arc et en est même le symbole du lancement des festivités. Le dimanche, le Bâtard d’Orléans – futur Comte de Dunois – va chercher à Blois des renforts puisque Jeanne est impatiente de lever le siège de la cité. Le mercredi 4 mai, c’est la bataille au Port de Saint-Loup. Jeanne découvre alors dit-on l’horreur de la guerre. Le 6 mai, c’est la bataille du Fort des Augustins. Bataille également gagnée, mais Orléans n’est toujours pas délivrée. Le 7 mai, après plusieurs assauts, le Fort des Tourelles revient enfin aux mains des français. C’est l’entrée normale et stratégique d’Orléans. Le 8 mai au matin, les dernières forces regroupées dans les bastides anglaises se mettent en ordre de batailles face aux troupes françaises. Jeanne refuse en l’honneur du Saint-Dimanche de lancer l’attaque. « Une heure suspens, après quoi un ordre circule dans les rangs anglais qui se mirent en chemin et s’en allèrent bien rangés et ordonnés vers Meung-sur-Loire, et levèrent totalement le siège qu’ils avaient tenu devant Orléans depuis le douzième jour d’Octobre 1428 jusqu’à ce jour. » Jeanne s’en vint après quelques jours de repos et soins pour une blessure par flèche. On connaît la suite : sacre du roi Charles VII à Reims, extension du domaine royal, procès et exécution à Rouen, béatification et canonisation. La cité, appelée donc depuis « johannique », commémore fidèlement chaque année sa libération et ce sans presque aucune interruption (Révolution Française et les guerres) !!! Elle a en 2009 fêté également « une double date » puisqu’est fêté également le centenaire de la béatification de Jeanne d’Arc (par le Pape Pie X le 30 mai 1909) et attend 2012 avec impatience pour fêter le 600ème anniversaire de sa naissance le jour de l’épiphanie (6 janvier) 1412. Les Fêtes de Jeanne d’Arc organisées dans ce cadre s’articulent autour de plusieurs manifestations traditionnelles :
•    la Remise de l’Epée entre les deux filles figurant annuellement l’héroïne, et la Commémoration de l’Entrée de Jeanne d’Arc par la Porte Bourgogne, le 29 avril
•    la Chevauchée de Jeanne d’Arc, le 1er mai,
•    le Recueillement en l’église ND des Miracles, le 2 mai,
•    la Remise de l’Etendard, le 7 mai au soir,
•    l’Office Religieux Solennel en la Cathédrale, le 8 mai,
•    le Cortège des Provinces Françaises le 8 mai matin,
•    le Défilé Militaire le 8 mai après-midi (2ème de France),
•    le Cortège Commémoratif du 8 mai après-midi,
•    la Restitution de l’Étendard de Jeanne d’Arc le 8 mai en fin d’après-midi.
Pour répondre aux objectifs de M. le Maire, ces cérémonies traditionnelles ont été enrichies au fil du temps par de nouveaux événements festifs comme :
•    la Fête Médiévale sur l’Ile Charlemagne, le 1er mai,
•    le Marché Médiéval, au Campo Santo, durant 2 à 4 jours,
•    les Ripailles Médiévales,
•    une Soirée Electro de grande envergure à destination des jeunes.
S’ajoutent à cela, des conférences, des expositions thématiques, des visites, des concerts et toutes sortes d’animations qui donnent à la ville une petite idée de la liesse que Jeanne d’Arc engendra lors de sa présence dans la cité. Il vous suffirait d’écouter la « cantate à l’étendard », hymne orléanais, pour comprendre …

Benjamin GUYOT

Des FFL au Ministère

juin 29, 2010

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège». Ces mots clamés d’une voie emprise d’émotion sont bien connus des Français qui sont passés par les bancs du lycée. Ils sont l’œuvre d’un résistant et passionné d’art, d’un gaulliste convaincu et amoureux des femmes, mais surtout en ce jubilé : du fondateur du Ministère des Affaires Culturelles qui après plus de cent années de tentatives, et presque tout autant de dénomination, est enfin fonctionnel. André MALRAUX.

Il est presque étonnant que depuis tout ce temps j’ai réussi à parler de culture et de France sans écrire un billet sur lui. Il faut dire que je ne souhaitai pas le bâcler, ma place au Panthéon pourrait en sévèrement touchée… Résistant de la première heure ou sur le tard ? On ne sait pas trop. Quoiqu’il en soit son combat fût fort et ses relations le placèrent dès la sortie de la guerre au Ministère de l’Information. Il finira par créer le Ministère, sous le gouvernement de son ami Charles de Gaulle, chargé des affaires culturelles. Homme de contact, certains le diront manipulateur, il écrit et voyage beaucoup, multipliant ses rencontres et ses expériences. Ses discours restent célèbres et sa verve n’a pas d’égal. Il demeure à jamais au Panthéon près de ceux dont il s’est souvent inspiré et de ceux qu’il a accueilli pour la France. Des Lumières au symbole de la résistance, un humaniste … un compagnon !!

Benjamin GUYOT

Mer bleue, cheveux blancs, bonnet rouge …

juin 28, 2010

« Mon but n’est pas d’enseigner, je ne suis ni un scientifique ni un professeur. Je suis un découvreur, mon but est d’émerveiller. On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l’on aime ». Il aurait 100 ans aujourd’hui et ni les océans ni les hommes ne l’ont oublié. Jacques-Yves COUSTEAU, l’homme au bonnet rouge, qui occupa de sa caméra les bancs de poissons et ceux de l’Académie Française de sa plume, a marqué le XXème siècle par plusieurs vagues. Officier formé à l’école Navale de Brest il fait ses preuves dans le renseignement puis dans la recherche sous-marine. Il est également l’inventeur du scaphandre autonome moderne et révolutionne ainsi la plongée. Mais nous le connaissons plus aujourd’hui pour son travail d’océanographe et de cinéaste, puisqu’il fût le Commandant mythique de la Calypso qui nous émerveilla les dimanches après-midi. C’est un hommage ici que je souhaite lui rendre. Remercier l’inventeur qui développa le scaphandre autonome et rendit à l’Homme sa liberté « d’aquaphile ». Remercier le scientifique qui donna un sens certain à la gestion du domaine maritime. Remercier l’homme qui offrit au grand public une vision du grand monde sous-marin. Il contribua c’est certain à la grandeur culturel de la France, ce pays qui dans le monde a un accès à tous les océans et en métropole sur trois mers de plus.

Benjamin GUYOT

Castigat ridendo mores …

mars 17, 2010

Des lustres que ce blog existe et toujours pas de billet sur lui. Des lustres en effet, au premier sens du terme qu’on peut d’ailleurs lui appliquer puisque nous parlerons ici de mon auteur théâtral préféré. À force de lecture je me sens presque devenu son ami et me permet dans l’intimité de l’appeler JB. Mais pour que tout le monde comprenne je parlerais ci-dessous de lui sous son pseudonyme fort connu sur le web et tous les réseaux de tchat qui font (dés)-honneur à sa verve et à sa langue… Molière ! ! !

Jean-Baptiste POQUELIN, JB, est un auteur et acteur d’art dramatique (quoiqu’au final plus proche de la comédie que du tragique) dont on ignore la date de naissance (mais on peut l’imaginer entre les fêtes de Noël de 1621 et l’épiphanie de 1622). Il mourut (paix à son âme) selon la légende sur scène en 1673 en jouant le « malade imaginaire »… Quelle chute. Mickael Jackson n’a rien inventé à la seule différence que Molière a été obligé d’arrêter d’écrire pour cause de décès. Une véritable perte ! Il est l’âme de la Comédie-Française. Je ne parle ici pas tant de l’institution que de l’esprit. Auteur cynique, ironique, comique et bien d’autres termes en « ique » à l’origine de rires non contrôlables lors des représentations de ses comédies. Il est devenu mon maître de plume que jamais je ne rattraperai. Capable de ridiculiser par caricature, comprendre ici au sens propre du mot l’exagération des traits de caractères de ses personnages, il est né pour faire rire les honnêtes gens. Étant pourtant lui-même issus de parents bourgeois maisonnette 😉 Parler de lui trop longtemps gâcherai son travail et je ne puis que vous recommander de lire ses œuvres, ou mieux encore d’aller les voir jouer au théâtre et ce peu importe la troupe, puisque même des enfants peuvent jouer et transmettre à merveille le message quelque peu moqueur de l’auteur sur la société du XVIIème siècle. Je me contenterai alors de citer ci-dessous mes répliques préférées en espérant sincèrement qu’elles vous donneront si ce n’est l’envie de le découvrir  au moins le don de vous faire sourire.

Les Femmes savantes (1672) – Acte II, scène 7

Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Qu’une femme étudie et sache tant de choses. Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants, Faire aller son ménage, avoir  l’œil sur ses gens, Et régler la dépense avec économie, Doit être son étude et sa philosophie. Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, Qui disaient qu’une femme en sait toujours assez. Quand la capacité de son esprit se hausse À connaître un pourpoint d’avec un haut de chausse. Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ; Leurs ménages étaient tout leur docte entretien, Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles, Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles. Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs : Elles veulent  écrire, et devenir auteurs. Nulle science n’est pour elles trop profonde, Et céans beaucoup plus  qu’en aucun lieu du monde : Les secrets les plus hauts s’y laissent concevoir, Et l’on sait tout chez moi, hors ce qu’il faut savoir…

Le Bourgeois gentilhomme (1670) – Acte II, scène 4

–          Quoi ? Quand je dis : « Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit », c’est de la prose ?

–          Oui, monsieur.

–          Par ma foi ! Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela.

Dom Juan (1670) – Acte V, scène 2

Il y a bien quelque chose là-dedans que je ne comprends pas, mais quoi que ce puisse être, cela n’est pas capable, ni de convaincre mon esprit, ni d’ébranler mon âme, et si j’ai dit que je voulais corriger ma conduite, et me jeter dans un train de vie exemplaire, c’est un dessein que j’ai formé par pure politique, un stratagème utile, une grimace nécessaire, où je veux me contraindre pour ménager un père dont j’ai besoin, et me mettre à couvert du côté des hommes de cent fâcheuses aventures qui pourraient m’arriver. Je veux bien, Sganarelle, t’en faire confidence, et je suis bien aise d’avoir un témoin du fond de mon âme et des véritables motifs* qui m’obligent à faire les choses.

Benjamin GUYOT

Touche pas à mon béret ! ! !

janvier 21, 2010

Couvre-chef à la fois typique et parodique fait de feutre et d’une couronne de cuir illustre le français moyen vu par les touristes de base… Complémentaire en effet de la baguette, dont j’ai déjà fait référence dans un précédent billet, et de la bouteille de vin dans la 2CV, le béret  est l’apanage des grands de ce monde (ndlr : les français) tout comme l’illustre SuperDupont le fameux héros gotlibien.

Aux origines étaient les bergers béarnais (et non pas basques comme il est souvent prétendu, quoiqu’au final cela reste très franchouillard et aujourd’hui très lié au sud-ouest) qui pour se couvrir du froid et de la pluie utilisaient le béret à l’instar de leurs moutons portent la laine. Aujourd’hui seul le béret noir est considéré comme le béret français mais la couleur importe en réalité peu. Elle est surtout le symbole de groupements sociaux et un moyen de reconnaissance qui allié à la taille donne une multitude de genres. Du grand blanc appelé la tarte, béret des chasseurs-alpins dans lequel on prétend que la nuit il réchauffe leurs pieds transis. Au noir difforme, alias la faluche, des étudiants qui se retrouve vite recouvert de nombreux insignes que les initiés seuls comprennent. Rouge pour les férias. Amarante pour les parachutistes. Vert pour les commandos de marine (héritage anglais du groupe Kieffer qui débarqua en 1944 pour prendre Ouistreham). Il fut également un accessoire de mode dans les années 1930, la très jolie Michel Morgan le porte aussi bien que ses yeux, et semblerait revenir ponctuellement depuis quelques années. Les bérets sont tous unique. La masse qu’il forme dépend de l’histoire de son propriétaire. Portés haut sur le front droit pour les militaires, ou avachis en longue visières pour les berges et même vissés comme un bonnet pour les benêts.

Quand à ceux qui oseraient ridiculiser notre fameux couvre-chef de par sa tenue, je répondrai que contrairement à la casquette de baseball qu’ils portent fièrement et qui est fort à la mode, le béret – lui – bien porté peut être élégant et raffiné…

Benjamin GUYOT

« Nous donnons une touche française dans notre musique house… »

janvier 14, 2010

Depuis près de 15 ans, un terme à la fois « d’jeuns » et professionnel fait référence dans le monde musical actuel. Il résonne dans nos oreilles au rythme des infrabasses. Symbole de l’élégance française aux platines. Fluidité générale du mix electro à la rythmique house sur des samples des années 70 et 80. La French Touch.

Apparu pour la première fois sur l’inscription d’un blouson « We Give A French Touch To Our House Music » elle est popularisée par le magazine musical anglais spécialisé Muzik. Il désigne alors la tendance développée par le groupe phare de cette mouvance : les DaftPunk. Pourquoi French ? Parce que les artistes qui créent et représentatifs de ce mouvement sont français ! Laurent Garnier, Air, Phoenix, ou Étienne de Crécy sont autant de références dans ce monde notamment par leur talent et leur expérience  (la plupart de ceux-ci mixent depuis près de 20 ans).

Ils marchent beaucoup en duo permanents ou pour les solitaires font un bon nombre d’interprétation avec des musiciens (saxophonistes, violonistes, …) pour la production de certains morceaux. Ils donnent une image jeune et festive de la France même si finalement leur renommée se retrouve plus grande à l’étranger, comme au Japon ou aux États-Unis qui sont très friands du statut VIP français, que sur les dancefloor de l’hexagone. Bien loin de la techno commerciale ou de la makina faite à la presse hydraulique, elle se retrouve tout de même dans le grand monde de la musique électronique. Elle ressort notamment par le fait que ses auteurs sont des artistes ayants un réel talent musical et qui travaillent énormément à l’instar des compositeurs pour orchestre symphonique. Elle vient des passionnés de disco du jazz et du funk qui remettent au goût du jour et adaptent les samples sur des rythmiques plus modernes dites répétitives. Nous pouvons remercier Margaret Thatcher qui à la du Summer of Love de 1988 causa l’exportation en France des raves qui grâce à la politique Lang du tout est culture trouve son expansion.

Ce mouvement semble sortir du plus profond de l’âme et entrainer tout le corps dans un autre monde. Crispy Bacon de Laurent Garnier est un exemple type de ces morceaux. Il peut mettre plusieurs minutes pour s’installer : les membres fourmillent, les yeux se ferment, la tête dodeline frénétiquement, les  pulsations cardiaques tournent au ralenti et là ! ! ! le départ en puissance qui agit tel un défibrillateur et nous relance dans cet univers à la fois psychédélique ou il ne manquerait plus qu’un milk+velocent.

Aujourd’hui les artistes s’enchainent mais ne délogent pas les pères. Un peu plus commerciaux pour certains comme David Guetta (le plus people des DJ’s français) ou Justice et d’autres plus originels comme le tout récent Data. La French Touch c’est l’apport du mouvement corporel humain dans la mécanique de la musique électronique. La French Touch, c’est le lieu où se mélangent les robots, les humanoïdes et les marionnettes qui fument des saucisses.

Benjamin GUYOT

La France à Mach1 ! ! !

décembre 15, 2009

  

Caractéristiques, ces avions ont remplacés le pod-canon par un pod-fumigènes colorés, le viseur par un puissant phare, et le camouflage réglementaire par le bleu azur, le blanc royal et le rouge sang ! En démonstration lors de meeting aériens, ouvrant le défilé du 14 juillet à Paris ou passant au dessus de New-York en 1986, ils obtiennent toujours plus d’émerveillement plus d’applaudissements que n’importe quels autres avions… La Patrouille de France, cette formation arienne acrobatique, fleuron de notre aviation est s’il en est un, le symbole de notre puissance technologique armée.

   Datant de 1931 sous sa forme balbutiante elle existe pour nous aujourd’hui sous la même forme qu’en 1981 avec ses 8 Alphajets en vol et ses 10 Athos (nom des pilotes) qui la compose. Le leader (1) : Chef d’orchestre de la PAF, il détermine les figures et formations que la PAF utilise. Les intérieurs (2-3) : 1ère année à la patrouille et évoluent au plus près du leader lors des vols en formation. Le charognard (4) : Futur leader. Tire son nom de sa position : placé derrière le leader il avale  ses fumées. Les extérieurs (5-6): + aguerris, font partie des équipiers les plus éloignés du leader. Les solos (7-8) : effectuent une partie du programme seuls : croisements et de percussions. Le remplaçant (9) le + ancien de la Patrouille, il est à même de prendre au pied levé la place de n’importe quel équipier. Le directeur des vols (0) : est chargé de la sécurité et de commenter la présentation depuis le sol.

Athos 1
Athos 2 Athos 3
Athos 4
Athos 5 Athos 6
Athos 7 Athos 8
     

   Cette année, une femme, Virginie GUYOT, vient composer la patrouille. Une première mondiale ! ! ! Il est normal que ce soit le pays de l’égalité des sexes et de la galanterie qui lance le décollage d’une telle avancée…

   Le programme de la PAF change chaque année, et comprend un grand nombre de figures : Alpha, Ariane, Canard, Concorde, Croisillon, Big Nine, Rafale, Diamant, Flèche, Balance, Apollo, Dard, Transall, Cygne …

   Virevoltante, plongeante, et enivrante. Fantastique, sporadique et magique. Merveilleuse, talentueuse et amoureuse. Elle enchaîne ces figures dans un ballet aérien, telle la parade nuptiale de splendides oiseaux colorés des territoires nationaux les plus exotiques,  pour le plus grand bonheur des petits et des grands dont le torticolis fait perdurer le plaisir et rappelle à chacun son rêve d’un jour : toucher les nuages d’en haut…

Bon vol…

 Benjamin GUYOT

L’hexagonalité de l’Amour …

novembre 25, 2009

   Robert Doisneau en fit plusieurs clichés. Le cinéma mondial nous l’envie. Un grand nombre de couples l’échafaude, le massacre, et parfois le réussisse. Il fait la réputation des ressortissants de l’hexagone à l’étranger. Il est le cumule du glamour, de l’élégance, du charme et de l’arrogance française. Le French Kiss.

   Bien qu’il ne faille pas obligatoirement avoir la nationalité tricolore pour le réussir, ce baiser a un goût de bonheur hexagonal lorsque nous le donnons, le recevons ou plutôt … le partageons ! Car il s’agit bien ici d’un partage. Le premier est toujours le plus magique : Sous la pluie fine dans un parc, un pull posé négligemment sur les épaules lors d’un séjour linguistique (cf. « à nous les petites anglaises » de Michel Lang). En dansant lors de l’une de nos premières soirées de lycéen. Dans le hangar à paille du fermier du village avec la petite voisine lors des vacances chez grand-mère… Chacun pourrait citer son propre exemple de cadre, mais le ressenti est certainement presque toujours le même.

   Ce baiser d’amoureux, autrefois désigné comme baiser florentin, aujourd’hui par l’anglicisme « french kiss », fait de nous le haut du podium des « lovers ». Cet échange corporel qui ne peut avoir lieu sans l’once d’un sentiment. Il exprime parfaitement le désir. Il est essentiellement un jeu quelque peu bestial de deux êtres. C’est encore une activité où le français domine et qui fait de lui son rayonnement à travers le monde. N’en déplaise aux étudiants qui partent en Erasmus, il devient alors un atout indéniable pour faire des rencontres et parfaire la langue…

Benjamin GUYOT

65 cm de bonheur crousti-tendre ! ! !

novembre 13, 2009

cliché français   À quoi ressemble un français ? Si nous posons cette question à un étranger il nous répondra certainement par un cliché : un individu de type caucasien, une bouteille de vin rouge à la main, un béret (basque) vissé sur la tête et une baguette de pain blanc sous le bras… Cette image fait partie du rayonnement culturel de la France et je m’attarderai aujourd’hui sur ce dernier élément : la baguette.

   Délice à la croûte dorée et la mie tendre, la baguette est l’apanage du petit bonheur quotidien français. Sortie du four, elle présente alors plusieurs avantages non négligeables et ceci peut importe la saison. Chaude, elle réchauffe les mains et le corps. Odorante, elle éveille l’appétit. Qui, petit enfant, n’a jamais reçu de la main maternelle le croûton rompu en sortant de la boulangerie comme goûter sur le pouce ? Cette sympathique manie se perpétue d’ailleurs et augmente la taille du quignon au fur et à mesure que l’individu vieillit. Il est alors vivement conseillé d’en acheter au moins deux, puisqu’a priori elle a la fâcheuse tendance de s’amoindrir sur les 100m qui relient la boulangerie au domicile familial. Simple : farine, eau, sel, levure ; elle se mange avec tout, ou presque, nature, beurre, confiture, charcuterie, fromage…

   Ce n’est pas du chauvinisme outrageant, mais franchement, quel pays peut se vanter d’avoir un bonheur si innocent à portée de papilles ?

Benjamin GUYOT

J’ai fait le rêve d’un monde … plus ovale que rond ! ! !

novembre 9, 2009

ballon rugby france C’est dans le monde de l’ovalie qu’aujourd’hui la France va rayonner par mes mots. Expression méritée que le peuple anglo-saxon, ennemi sur la pelouse, a définit pour décrire le style spectaculaire du jeu français : le French Flair, nous devenons mythe dans les gradins, et divin sur le terrain.

Pour les grands-bretons, c’est l’ensemble de l’image rugbyesque tricolore qui s’intercale dans cette expression. C’est l’expression par ce terme de l’articulation d’un jeu de XV personnes qui occupe le terrain et les joueurs adverse et qui s’appuie sans crier gare sur un élément de la ligne des trois-quarts (ou de manière plus générale et pour les néophytes, des joueurs de l’arrière). C’est un mélange savant de classe, d’offensivité, de génie stratégique, de fourberies, d’intuition… d’un individu soutenu d’un même esprit par le reste de l’équipe. Il en résulte une passe imprévisible, une course inimaginable, passant souvent par des trous inexistants, pour finir par un aplatissement victorieux de la balle entre les deux poteaux. L’écrivain Denis Tillinac en fait tout un essai dans le « Dictionnaire amoureux de la France ». Lui aussi féru de rugby, il a su comprendre l’importance de cet art de jouer la balle et l’adversaire : « On décèle dans le french-flair un souci du panache et un goût du défi opposable au culte de l’efficacité. Pourquoi « flair » ? Parce qu’il faut sentir le coup, ça relève de l’instinct. Et du désir. Pourquoi « french » ? Parce que s’agissant de guerre, ou de mode, ou de jeu, ou de galanterie, les Britanniques nous concèdent le monopole d’un sixième sens, celui de la divination […] nous avons tort de ne pas nous y fier plus souvent. ».

Benjamin GUYOT