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Organisés et malgré tout français

juin 29, 2010

C’est sûrement la seule entité connue et organisée en France. Symétrisation des éléments. Correction de la profondeur. Taille militaire. Harmonisation des espaces. Ils font la notoriété de la France depuis le XVIIème siècle. Les jardins à la française.

S’opposant à la fois à la nature par orgueil, et aux Anglais par principe, ces œuvres paysagères font la réputation de l’environnement des monuments dont la renommée n’est plus à faire. Chantilly, Versailles, Saint-Cloud… chaque château possède le sien. Parfois en regard avec le parc anglais souvent séparés l’un de l’autre par un cours d’eau, sorte de ligne médiane d’un terrain de rugby ou la calebasse aurait la forme d’un château toujours plus gros. Typique de ce style, les allées d’arbres, les formes géométriques, les perspectives trompeuses, les cascade et espaliers, la mise en abîme… formant des salles , des théâtres de verdure ou des coins reclus pour amoureux transits. Ils offrent un dégradé depuis le monument jusqu’aux terres forestières où au fur et à mesure la nature reprend ses droits. Pour parfaire à cette harmonie verte les jeux (ou jets) d’eau se mêlent régulièrement aux points stratégiques des jardins. C’est un travail d’architecte de la nature et d’hydraulicien, dont le remarquable LeNôtre est le plus bel exemple et qui, bien que plus ancien, contraste largement avec  le travail de peintre du paysage des parcs anglais.

Benjamin GUYOT

J’ai fait le rêve d’un monde … plus ovale que rond ! ! !

novembre 9, 2009

ballon rugby france C’est dans le monde de l’ovalie qu’aujourd’hui la France va rayonner par mes mots. Expression méritée que le peuple anglo-saxon, ennemi sur la pelouse, a définit pour décrire le style spectaculaire du jeu français : le French Flair, nous devenons mythe dans les gradins, et divin sur le terrain.

Pour les grands-bretons, c’est l’ensemble de l’image rugbyesque tricolore qui s’intercale dans cette expression. C’est l’expression par ce terme de l’articulation d’un jeu de XV personnes qui occupe le terrain et les joueurs adverse et qui s’appuie sans crier gare sur un élément de la ligne des trois-quarts (ou de manière plus générale et pour les néophytes, des joueurs de l’arrière). C’est un mélange savant de classe, d’offensivité, de génie stratégique, de fourberies, d’intuition… d’un individu soutenu d’un même esprit par le reste de l’équipe. Il en résulte une passe imprévisible, une course inimaginable, passant souvent par des trous inexistants, pour finir par un aplatissement victorieux de la balle entre les deux poteaux. L’écrivain Denis Tillinac en fait tout un essai dans le « Dictionnaire amoureux de la France ». Lui aussi féru de rugby, il a su comprendre l’importance de cet art de jouer la balle et l’adversaire : « On décèle dans le french-flair un souci du panache et un goût du défi opposable au culte de l’efficacité. Pourquoi « flair » ? Parce qu’il faut sentir le coup, ça relève de l’instinct. Et du désir. Pourquoi « french » ? Parce que s’agissant de guerre, ou de mode, ou de jeu, ou de galanterie, les Britanniques nous concèdent le monopole d’un sixième sens, celui de la divination […] nous avons tort de ne pas nous y fier plus souvent. ».

Benjamin GUYOT