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Il sentait bon le sable chaud

mars 9, 2010

Corps d’armée de l’armée de terre française crée en 1831 sous le règne le roi Louis-Philippe et ne pouvant combattre qu’outre mer sauf si la métropole est envahie. Il conclue traditionnellement le défilé du 14 juillet sur les Champs Élysée de ses 88 pas minutes (contre les 120 des autres corps, s’ils passaient devant ça pousserait vite au talon des rangers à lacet blancs). Il est le symbole de la puissance de la défense française. Considéré par beaucoup comme le corps le meilleur parmi l’ensemble mondial des forces armées. Son recrutement et son entrainement est le plus intensif et sa diversité fait sa force. Et sa devise « LEGIO PATRIA NOSTRA » (pour les non-latinistes : La Légion est notre Patrie) fait rêver le plus pêchu des jeunes garçons youlés désireux de porter le béret vert, le képi blanc les galons rouge et vert ou la ceinture bleue.

A ses débuts, la Légion Étrangère est le moyen le plus efficace pour se débarrasser des éléments « parasites »  de la société française. On y retrouve donc : meurtriers, évadés, criminels de droit commun et immigrés. Aujourd’hui officieusement ça ne semble peu avoir changé mais la raison qui sort lors des entretiens le plus souvent est la soif d’aventures et l’envie de se créer une nouvelle identité. Contre une possible démotivation la Légion développe une discipline incroyablement stricte, dépassant de loin celle imposée à l’armée française régulière et qui en fait sa réputation et très certainement son efficacité en opération. Ses formations sont redoutées par la plupart des militaires dans le monde. Elle est aussi le corps qui a le plus de traditions (comme toutes les traditions militaires, elles sont plus moins avouables) que ce soit vestimentaire, ou autre (hormis le bahutage) que l’on retrouve dans le « Recueil des traditions de la Légion étrangère ». Il semble que les engagés volontaires aient un rapport étroit avec les événements d’une époque. La possibilité d’obtenir l’identité française « non par le sang reçu mais par le sang versé » est très certainement l’une des raisons principales de cet engouement. La langue d’ailleurs est le français et est appris au fur et à mesure de la formation. Il l’est non pas avec la méthode à Mimile, ni avec Ratus mais par des phrases simples basées sur le plan sujet+verbe telles : « Légionnaires   garde à vous » ou  pour les plus réactifs et les surdoués avec des phrases nominales comme « feu à volonté ». A l’instar de Tintin qui se lit de 7 à 77 ans, la Légion recrute de 171/2 à 40 ans et obéit au code d’honneur  suivant que je traduis ici pour le néophyte :

1 – Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité. Tu as signé maintenant tu assumes…

2 – Chaque légionnaire est ton frère d’arme, quelle que soit sa nationalité, sa race, sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d’une même famille. Comme la loi des louveteaux : copain avec tous !

3 – Respectueux des traditions, attaché à tes chefs, la discipline et la camaraderie sont ta force, le courage et la loyauté tes vertus. T’occupes pas de la couleur du vélo et pédale.

4 – Fier de ton état de légionnaire, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net. Range ta chambre, tiens toi droit, ne met pas tes doigts dans le nez dis bonjour à la dame, merci qui ?

5 – Soldat d’élite, tu t’entraînes avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme physique. Mens sana in corpore sano.

6 – La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie. Maman le disait déjà quand tu étais petit : « fini ta soupe »

7 – Au combat tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes armes. Soit fairplay

Sept points très simplifiés, on ne  va pas trop en demander quand même à un cerveau d’unité qui s’essaye à une seule langue en même temps qu’au tir et à d’autres activités sportives pour la grandeur de notre Patrie et à qui je dis sincèrement « Merci ».

Benjamin GUYOT

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